Cette collection privée réunit près de deux cents œuvres, de la première moitié du XXe siècle jusqu’à aujourd’hui : peintures, œuvres sur papier, lithographies, sérigraphies, photographies, sculptures, céramiques, verres, collages, pièces d’art urbain.
Les grands noms de l’art moderne y sont présents par quelques pièces marquantes : une lithographie de Giacometti (1954), un dessin original de Cocteau (1961), une lithographie de Bernard Buffet (1967), un bronze de Max Ernst, aux côtés de Picasso et Dali.
Une autre veine s’attache à l’objet et au geste. César y figure avec une encre, une gravure de Mickey marquée de son empreinte de pouce, et une paire d’Assiettes brisées. Arman est présent avec ses Empreintes de violon bleu. Sacha Sosno compte plusieurs sculptures, dont Le Drapé, Oblitération et une Vénus en colonne en marbre blanc de Carrare.
Nice et sa scène artistique occupent une place à part : Ben (Encore de l’Art au mur, La Vérité n’existe pas), Raymond Moretti (plusieurs lithographies et compositions), et surtout Patrick Moya, dont peintures, lithographies, sérigraphies et sculptures forment un ensemble conséquent. Avec César, Arman, Yves Klein et Sosno, ces artistes dessinent une géographie méditerranéenne qui traverse plusieurs générations.
L’art urbain forme un troisième axe fort : Jef Aérosol, Blek le Rat, C215, JonOne, Seen, Jérôme Mesnager, Skunk Dog, Ottograph. Les supports gardent la trace de leur origine de rue, C215 peint Christiane Taubira au pochoir sur une porte de récupération, Mesnager intervient sur une palissade, Cécile Durand-Mignard détourne un panneau de signalisation. Seen, figure du graffiti américain, est représenté par plusieurs compositions dont une toile de très grand format ; JonOne apparaît à plusieurs reprises.
Côté sculpture, le bronze côtoie la résine, le plexiglas, l’aluminium, l’acier, le marbre. Philippe Berry met les animaux en équilibre, Laurence Jenkell monumentalise le bonbon enveloppé, Philippe Pasqua revisite la vanité avec un crâne rose couvert de coulures et de papillons, Sosno travaille toujours le fragment. Jean Gangloff (animaux colorés) et Patrick Moya (figures pop) complètent cet ensemble.
L’objet détourné revient sans cesse : le violon d’Arman, repris chez Bruno Cantais et Ivan Todaro ; l’assiette chez César ou Picasso ; le panneau routier, la porte, ou encore les affiches arrachées de Pierre Rivière.
En peinture, dix œuvres de Thierry Loule (portraits, nus, figures, compositions) forment un ensemble à part. S’y ajoutent Jean-Luc Desset, Bernard Brandi, Jean Gangloff, Patrick Moya, Jane Puylagarde, Alexandra Stern et Dado, chacun avec une écriture distincte.
Quatre tirages argentiques d’André Martin, réalisés dans les années 1950, apportent une rupture de registre : Paris, le Pont Neuf, un promeneur solitaire, un homme portant une pancarte, un couple photographié dans le sud de l’Italie.
Près de soixante-dix ans séparent les pièces les plus anciennes des plus récentes. Publier cette collection en ligne, c’est surtout donner à voir un regard qui s’est formé au fil des acquisitions, et qui continue de s’enrichir.